Actualité
Etre auto-entrepeneur.e en 2024
14/08/2024
Alexandra Lanque
Cela commence par une histoire de clics, et se termine par un statut d'auto-entrepreneur. Dans la catégorie "créer son entreprise", force est de constater que la micro-entreprise a fait rimer années passées avec facilité. Tellement simple, qu'à la mi-2023, plus de 2,7 millions de personnes se sont laissées tenter. Un système accessible, auquel viennent s’ajouter des aménagements administratifs et fiscaux attirants (déclaration simplifiée, seuils d'exonération de TVA, modalité de calculs des cotisations simplifiée...).
Sauf qu’après quelques mois d’activité, bon nombre d’autoentrepreneurs en voient les limites. Se retrouver seul.e, parfois démuni.e face à des démarches administratives insoupçonnées tout en étant faiblement couvert.e en cas de pépins : voilà la face moins attirante de l’autoentrepreneuriat.
"Auto-entrepreneur" ou "micro-entreprise" ? C’est pareil !
?? Sécurité et protection sociale : l'autoentrepreneuriat perd par KO
Après une évolution de taille il y a quelques années – le rattachement au régime général de la Sécurité Sociale et non plus celui des indépendants – le statut pourrait paraître protecteur. On y cotise via un forfait social. Mais cotiser ne veut pas forcément dire accéder facilement à ses droits.
Si vous tombez malade par exemple, vous êtes vous déjà amusé.e à faire les déclarations d’indemnités journalières à la Sécurité Sociale afin d’être payé.e ? Avec 40 de fièvre, franchement on ne vous le souhaite pas. Choisir ce statut, c’est donc malheureusement se retrouver seul.e face à ce genre de démarche.
Alors oui me direz-vous, mais le forfait social de cotisations est tout de même bien en-dessous que celui du salariat ? Il faut déjà prendre ces précautions en terme de comparaison (cf encadré ci-après) mais dites vous que s’il a cotisations réduites, il y a droits réduits.
Droits réduits voir inexistants : que va-t-il se passer pour vous si votre activité ne fonctionne pas ? Pas de filet de secours, il va falloir vous-même assurer vos revenus (ou prendre une assurance privée, qui va vous coûter très chère).
Cotiser sur son chiffre d'affaires ou sur son salaire brut
?? Coûts économiques et sociaux : ce statut coûte cher
Si l’autoentrepreneur souhaite se protéger comme un.e salarié.e, le coût risque d’être salé. Il est en effet fort à parier qu’un contrat individuel de prévoyance, de complémentaire santé ou encore de revenus de remplacement (=chômage), sera bien plus coûteux qu’un contrat collectif. A cela, il faut rajouter le temps passé – et l’énergie- pour s’approprier le fonctionnement de ses contrats et en tirer le maximum de bénéfices. Un entrepreneur a sûrement plus envie de développer son activité, de passer le plus de temps possible à faire ce qu’iel aime plutôt qu’à éplucher les garanties de contrats de prévoyance.
L'importance d'un cadre sécurisant
On aurait pu vous parler aussi des coûts insoupçonnés et d’acronymes de l’auto-entrepreneuriat qui font peur (cotisations CCI/CMA, cotisations CPF, CFE…). Mais ce que l’on a voulu vous témoigner ici, est que l’autoentrepreneuriat n’est pas un cadre aussi serein qu’il en à l’air pour développer son activité. Et tout ce que l’on vous souhaite, c’est de vivre de votre activité entrepreneuriale dans un cadre qui vous (r)assure et vous sécurise.